| Françoise Reynaud Retour à la liste |
Jürgen Nefzger A peine arrivé à Paris, il décide
de découvrir la ville à travers luvre dEugène
Atget. Les images publiées dans les livres le guident vers ses
premières prises de vue. Il respecte exactement le cadrage et la
composition adoptés par Atget aux mêmes endroits. |
![]() |
|
Les milliers de tirages dAtget conservés au musée Carnavalet, le musée de lhistoire de Paris, deviennent alors pour lui une nouvelle source dimages. Au cours des heures quil passe à les observer, Jürgen Nefzger se trace de nouveaux itinéraires. Puis il part dans la ville avec sa chambre photographique 4 x 5 inches. Le résultat est fascinant. Parmi les nombreux « suiveurs » dAtget, le jeune artiste allemand est lun des plus intéressants. Le dialogue formel et esthétique quil noue avec loeuvre dun des grands maîtres de la photographie moderne est riche et en même temps subtil. Si la confrontation des images est remarquable, la succession des visions est ce qui met véritablement en scène la respiration de la ville. Depuis les coins de rues qui nont pas changé, à part graffitis et pavés, jusquaux immeubles de briques ou de béton construits à lemplacement de vieilles maisons, tout un répertoire de situations se décline, que ce soit la dégradation, la restauration, lagrandissement, le rehaussement, lamputation, ou la disparition. Comme Atget, Jürgen Nefzger a choisi déviter les passants. Il na pu éliminer totalement les véhicules stationnés au long des rues. Leur présence fait partie de lhistoire quil raconte sur la fragilité des choses et sur le paradoxe qui règne souvent entre la banalité du quotidien et le poids de la tradition. Françoise Reynaud, Conservatrice chargée du département photo au Musée Carnavalet, 2003 |